Troubles bipolaires

Bipolaire ou pas bipolaire ?mental-health-1420801_640

  • Nous avons tous une humeur bipolaire.
  • Seul 1 % de la population générale souffre d’un trouble bipolaire typique et 2 à 3 % d’une forme atténuée  (spectre bipolaire) soit environ 1,5 million de personnes en France.
  • Les concepts médicaux de manie et de mélancolie remontrent à l’Antiquité, mais la description moderne de la maladie maniaco-dépressive remonte à la fin du XIXè siècle.
  • La dénomination de troubles bipolaires s’est imposée internationalement  à la fin des années 1980.
  • Les troubles débutent dans la majorité des cas au sortir de l’adolescence et au début de l’âge adulte, même si des formes très précoces et d’autres plus tardives sont décrites.
  • Les femmes sont autant touchées que les hommes, mais elles présentent plus d’épisodes dépressifs et une évolution souvent moins favorable.

L’origine des troubles bipolaires :

  • les troubles bipolaires ne sont pas une maladie génétique ;
  • plusieurs facteurs (dont certains sont génétiques) sont impliqués dans son développement ;
  • les anomalies de fonctionnement des réseaux cérébraux impliqués dans la régulation des émotions sont aujourd’hui assez bien identifiées par les études d’imagerie cérébrale ;
  • l’hyper réactivité émotionnelle est une manifestation du tempérament des patients bipolaires ; elle s’exprime lors des crises pathologiques ;
  • l’expression de la maladie résulte d’une interaction entre les facteurs de stress, les traumatismes affectifs et une vulnérabilité cérébrale préexistante.

Les manifestations des troubles bipolaires :

  • les troubles bipolaire se caractérisent par le survenu cyclique de phases d’humeur pathologique, maniaques ou dépressives, qui marquent une rupture avec le fonctionnement habituel du sujet ;
  • la crise maniaque est un état d’agitation psychique et moteur très intense qui conduit le plus souvent à une hospitalisation ;
  • l’hypomanie correspond à une crise maniaque atténuée, et néanmoins pathologique ;
  • les dépressions dans la maladie bipolaire peuvent être dominées par un ralentissement moteur sévère ou caractérisées par une instabilité émotionnelle et comportementale ;
  • les symptômes maniaques et dépressifs peuvent s’associer au cours des crises de la maladie : on parle alors  de caractéristiques mixtes ;
  • entre les crises, des symptômes résiduels persistent une fois sur deux et altèrent la qualité de vie des patients ;
  • la mauvaise conscience du caractère pathologique, au début de la maladie et lors de certaines crises, peut conduire à ce que le patient soit hospitalisé et soigné sans son consentement ;
  • au cours de l’évolution du trouble bipolaire, si l’autonomie du sujet est altérée, des mesures de protection (sauvegarde de justice, curatelle, tutelle) peuvent être prononcées par le juge des majeurs protégés ;
  • le trouble bipolaire ne rend pas la personne bipolaire dangereuse pour autrui, sauf si la maladie de complique d’addictions à des substances toxiques ;
  • les personnes bipolaires souffrent une fois sur deux d’addictions à des substances (alcool, tabac, cannabis, cocaïne) ;
  • 10 % des personnes bipolaires meurent par suicide ;
  • leur espérance de vie est réduite d’une dizaine d’années par rapport à la population général ;
  • les troubles borderline, schizo-affectif et le déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité se situent aux confins de la maladie bipolaire ;
  • les troubles anxieux et les troubles des conduites alimentaires peuvent être associés à la maladie bipolaire. Des maladies somatiques (cardiovasculaires, endocriniennes ou neurologiques) peuvent aggraver l’évolution des troubles bipolaires.

Soins des troubles bipolaires :

  • personnaliser le traitement consiste à prendre en compte, dans le choix des traitements et des thérapies, l’âge, le sexe, le nombre d’épisodes (maniaques, hypomaniaques, dépressifs), et la tolérance des médicaments déjà prescrits ;
  • le traitement médicamenteux est indispensable pour contrôler la maladie bipolaire. Il est nécessaire sur le très long terme ;
  • le lithium reste le médicament de référence, même s’il est le plus souvent prescrit en association avec d’autres molécules ;
  • le traitement des crises doit être distingué de celui de la prévention des rechutes ;
  • les prises en charge psychologiques jouent un rôle majeur dans l’amélioration du pronostic de la maladie et dans la qualité de vie des patients ;
  • traitements biologiques et thérapies psychologiques doivent être associés pour lutter efficacement contre la maladie bipolaire ;
  • il est souhaitable que, sur le long terme, le suivi soit assuré par un médecin spécialiste.
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