LA DÉPRESSION : QU'EST-CE QUE C'EST ?
La dépression se manifeste par une humeur triste, une perte d'intérêt et une baisse de l'énergie. Elle est d’abord une grande souffrance et une source de nombreuses conséquences douloureuses. Maladie récidivante pour un grand pourcentage de cas c'est aussi une maladie réversible et curable.
Le traitement d’un tel état est à la fois médicamenteux et psychologique.
CHIFFRES ET DONNÉES CLÉS
souffre/souffrira d’une dépression au cours de sa vie
de personnes souffrent de dépression dans le monde
d'entre elles peuvent avoir accès à des traitements efficaces
La dépression, une maladie mentale ?
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la dépression est parmi les dix pathologies majeures du XXIème siècle. La dépression affecte 2,5 millions de Français chaque année. Environ 16-17% des individus présenteront au moins un épisode dépressif au cours de leur existence.
La proximité apparente des symptômes de la dépression avec des émotions dont nous faisons tous l’expérience au cours de la vie (tristesse, découragement, désespoir) favorise la confusion entre dépression et « déprime » ou « coup de blues ». Or, chez la plupart, la variation de ces émotions est normale, temporaire et ne constitue pas un handicap au quotidien.
La dépression est une maladie, et non une faiblesse de caractère. Elle peut durer quelques semaines, parfois plusieurs mois voire plusieurs années. Une prise en charge médicale est essentielle.
LES SYMPTÔMES
On parle de dépression lorsque la personne réunit au moins cinq symptômes pendant une période d’au minimum deux semaines. Le patient est en proie à une douleur morale (tristesse inhabituelle) et/ou à une perte de plaisir avec une incapacité d'accomplir les actions de la vie quotidienne (se lever, aller travailler, se faire à manger).
On peut observer également de la fatigue, une perte d’énergie, une baisse d’appétit, des troubles du sommeil, des difficultés d’attention et de concentration, une irritabilité, des pensées suicidaires, une culpabilité injustifiée, une diminution importante de l’estime de soi, un ralentissement psychomoteur et la présence de douleurs physiques qui semblent inexplicables. La dépression peut aussi s’accompagner de symptômes somatiques.
Dès l’arrivée du patient, le médecin psychiatre lui fera part du diagnostic et du projet thérapeutique envisagé. Ce projet thérapeutique est réévalué régulièrement. Chaque jour, le patient a un entretien avec son médecin permettant d’évaluer le traitement médicamenteux et parallèlement d’élaborer un accompagnement psychologique adapté.
Dans certaines situations (résistance avérée aux traitements médicamenteux, sévérité extrême de l’état dépressif) le recours à un traitement par stimulation électrique (Électro-Convulsivo-Thérapie) peut être envisagé après information et accord du patient (et/ou de ses proches).
Venant appuyer les entretiens quotidiens avec le médecin psychiatre, les réunions ont pour objectif d’apprendre au patient la nature de sa maladie, la meilleure façon de la traiter et surtout de la prévenir.
Une maladie CHRONIQUE au pronostic sévère
La dépression peut connaître une évolution chronique et ses complications peuvent être sérieuses. En effet, le risque de rechute après un épisode dépressif est possible. Dans 50% à 80% des cas, elle peut survenir dans les cinq années après un premier épisode.
Des travaux de recherche ont notamment démontré que les récidives pouvaient avoir des conséquences se traduisant par des difficultés cognitives en termes d’attention, de concentration ou de rapidité.
Par ailleurs, les impacts relationnels, familiaux et professionnels de la dépression sont importants : les symptômes de la dépression sont difficiles à comprendre et à accepter pour les proches et sont souvent incompatibles avec le maintien d’une activité professionnelle.
Le risque de suicide est majoré et les patients ont, en outre, une probabilité accrue de développer des pathologies somatiques chroniques (diabète, obésité, problèmes cardiovasculaires, etc.).
Tous les jours, il y a une réunion de tous les soignants (médecins, infirmiers) permettant un échange d’information, une entraide pour améliorer la prise en charge. De plus, la notion de collégialité étant une des vertus cardinales de la Clinique des Portes de l’Eure, le médecin qui a en charge des patients en réfère sans cesse au médecin adresseur et peut à tout moment demander avis/soutien à un autre membre de l’équipe médicale.
Les familles sont impliquées autant que le patient le désire. Elles peuvent rencontrer médecins et infirmiers autant qu’elles le souhaitent. Elles peuvent participer aux réunions d’information sur la dépression. Les proches sont impliquées dans la préparation à la sortie et par la suite, afin d’adopter les comportements adéquats et d’apporter l’aide nécessaire au patient.
Dès l’admission, se prépare la sortie en fonction du patient et de ses contraintes, de la famille et des conditions environnantes. Cette préparation se fait au cours des entretiens avec le psychiatre, auprès du personnel soignant, très aguerri à ce sujet, au cours de réunions diverses. La qualité de cette préparation est déterminante pour le retour à la vie normale et pour réparer toutes les répercussions négatives de la maladie et pour prévenir au mieux rechutes et récidives.
SOINS ET ACCOMPAGNEMENT
Les traitements de la dépression de l’adulte sont généralement la psychothérapie et la prescription de médicaments antidépresseurs. Le traitement peut varier en fonction de la sévérité des symptômes et les origines des symptômes dépressifs. Les antidépresseurs sont nécessaires dans le traitement des dépressions caractérisées, d’intensité modérée ou sévère. Ils le sont moins dans les formes mineures, qui relèvent plutôt de la psychothérapie.
ÉTAT DES LIEUX DES PRISES EN CHARGE THÉRAPEUTIQUES
LES DÉFIS DE LA DÉPRESSION RÉSISTANTE
20 à 30% des malades présentant un trouble dépressif sévère souffrent d’une forme chronique et résistante aux traitements antidépresseurs de référence.
Améliorer la prise en charge de ces patients est indispensable pour réduire les retentissements de la maladie. Il convient tout d’abord de s’assurer de la qualité du diagnostic (en éliminant l’hypothèse d’un trouble bipolaire) et de la bonne observance du traitement.
Les dernières avancées de la recherche ont permis d’identifier différentes options thérapeutiques ayant démontré leur efficacité :
Les stratégies médicamenteuses et les dépressions résistantes
En cas de non-réponse aux traitements de référence de la dépression, des stratégies médicamenteuses alternatives peuvent être proposées pour la prise en charge des dépressions résistantes.
Le changement de médicaments antidépresseurs ou la combinaison de deux antidépresseurs d’action complémentaire font partie des stratégies de recours.
La prescription de médicaments sans propriété antidépressive propre (hormones thyroïdiennes, thymorégulateurs ou antipsychotiques de seconde génération) mais contribuant à renforcer les effets des traitements antidépresseurs de référence constitue une voie possible.
Enfin, dans les cas où ces stratégies de recours ont également échoué, d’autres approches pharmacologiques peuvent être envisagées, parmi lesquelles la prescription d’agonistes dopaminergiques ou de kétamine.
Pour en savoir plus :
https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/depression-troubles-depressifs
https://www.inserm.fr/information-en-sante
https://www.psycom.org/comprendre/la-sante-mentale/les-troubles-psy/troubles-depressifs/